J’avais en mémoire mes 20 ans.
Les soirées jamais longues et les nuits souvent courtes, les concerts improvisés dans des lieux improbables, les fumées illégales et l’arrivée presque tardive d’une conscience politique.
Anoblir ce passé révolu et ces acteurs ne pouvait se faire qu’en les croisant de nouveau.
Vingt ans après ! Une paille !
Junior Cony oeuvrait déjà pour les Berurier Noir et Laurent Melon « croquignolait artistiquement. ».
Nous étions alternatifs !
Toutes les énergies se concentraient alors sur la fête, la création et ce slogan alors novateur : «La jeunesse emmerde le Front National ».
Et la première page de Libé sur le corps inanimé de Malik Oussékine.
Vingt ans ! Une paille !
Ils n’ont pas beaucoup changé, les agités de mes vingt ans.
Encore fauchés, toujours marteaux !
Ou un peu plus, ou un peu moins.
Dans un sens, ou dans l’autre.
Mais rien n’a complètement disparu de tout ça.
Des libertaires un peu plus rond, ou moins chevelu, la crête morne mais toujours la tête dure, peut-être même plus qu’avant. C’est l’âge.
Donc, Vingt ans après….un paille !
On s’est bien baladé, chacun de notre coté, et nous nous retrouvons pour raconter une nouvelle histoire, à bâtir des plans sur la comète, à se construire des châteaux en Espagne, à décroiser les bras.
C’est un hommage a ces années là.
Ce que je propose, ce n’est pas un revival, ni un retour nostalgique sur ces temps qui n’étaient pas déraisonnables. Ce n’est même pas une glorification hasardeuse sur mes années « Yes futur ! ».
Nous avons seulement réutilisé les mêmes outils qu’à cette époque.
Nous avons fabriqué un moment particulier nourri de vécus, de fantasmes, d’illusions désillusionnées et d’une soif jamais assouvi de liberté.

C’est un polar, parce qu’il est bien pourri, ce monde